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Ce que tu dégages change ce qui t'arrive. Voici comment on l'a découvert.

On te l'a sûrement déjà dit. « Travaille ton énergie. » « Ça se sent, ce que tu dégages. »

Et tu as hoché la tête sans trop savoir quoi en faire. Parce que c'est le genre de phrase qui sonne juste et qui ne t'explique rien.

Alors je vais te raconter une expérience. Elle date de 1977, elle n'a rien d'ésotérique. Et je la trouve plus troublante que n'importe quelle citation sur les vibrations.

L'expérience

Des chercheurs demandent à des hommes de discuter au téléphone avec une femme qu'ils ne connaissent pas.

Avant l'appel, on leur montre une photo, censée être celle de leur interlocutrice. À la moitié des hommes, on montre une femme très belle. À l'autre moitié, non.

La photo est fausse. Elle n'a aucun rapport avec la personne au bout du fil. Et surtout : la femme, elle, ne sait rien de tout ça. Elle ne sait pas qu'il y a une photo, elle ne sait pas ce qu'il croit.

Voilà ce qui s'est passé.

Les femmes que les hommes croyaient belles sont devenues plus chaleureuses. Plus vivantes. Plus drôles. Elles ont ri davantage, elles se sont livrées davantage.

Elles ne savaient rien de la photo. Elles ont juste senti qu'on les regardait autrement. Et elles sont devenues autrement.

Et ce n'est pas les chercheurs qui l'ont décidé. Ils ont fait écouter les enregistrements à des gens extérieurs, qui ne savaient rien de l'expérience, ni qui avait vu quelle photo. Ces gens-là l'ont entendu.

Tu peux appeler ça de la psychologie sociale. Tu peux aussi appeler ça ce que tu ressens quand tu te sens désirée. C'est la même chose, regardée des deux côtés.

Ce que ça change pour toi

Ça veut dire que la croyance de quelqu'un sur toi ne reste pas dans sa tête. Elle sort. Elle change sa voix, ses silences, sa façon de te relancer. Et toi tu réponds à ça, sans le savoir, en devenant un peu la personne qu'il croit avoir en face.

Maintenant retourne-le, parce que c'est là que ça te concerne vraiment.

Ta propre croyance sur toi fait exactement pareil.

Si tu es persuadée d'être celle qu'on finit par laisser, tu ne le dis à personne. Mais ça sort quand même. Dans le message que tu réécris quatre fois. Dans le rire un peu trop rapide. Dans la façon dont tu t'excuses d'exister avant même qu'on te le demande.

Et la personne en face répond à ça. Pas à ce que tu vaux. À ce que tu dégages.

Tu l'as déjà vécu, d'ailleurs. Il y a eu des périodes de ta vie où tout t'arrivait sans effort. Où tu plaisais sans essayer. Ce n'est pas que tu étais plus belle ces mois-là. C'est que tu allais bien. Et que ça se sentait.

Alors, faire semblant, ça marche ou pas ?

On te dit souvent : joue-la confiante, marche comme si, souris comme si.

Ma réponse honnête, c'est que ça dépend. Il y a deux choses très différentes derrière le même mot.

Agir avant de ressentir, ça marche vraiment

Te lever, t'habiller, sortir voir quelqu'un alors que tu n'en as aucune envie. Là, le geste passe devant et l'état suit derrière.

Ce n'est pas de la pensée positive. C'est un des leviers les plus utilisés en thérapie contre la déprime, justement parce qu'attendre d'avoir envie avant d'agir ne fonctionne jamais. Tu fais. Et petit à petit, tu ressens.

Jouer un personnage devant lui, c'est autre chose

Là, tu ne cherches plus à changer ton état. Tu cherches à produire une réaction chez lui.

Et c'est ça qui se sent, parce que toute ton attention reste accrochée à sa réponse. Ce que les hommes ont capté au téléphone, ce n'était pas une posture. C'était un état. Et un état, ça sort par des endroits que tu ne contrôles pas. Le rythme de ta respiration entre deux phrases. La demi-seconde de trop avant de répondre.

Et ça dépend surtout d'où tu en es

Il n'y a pas de règle valable pour tout le monde. Je me méfie de celles qui te disent le contraire.

Si tu vas à peu près bien, te forcer un peu te relance. C'est même souvent ce qui te sort de l'ornière. Si tu es vraiment au fond, sourire pendant que tout s'écroule creuse l'écart entre ce que tu montres et ce que tu vis. Et cet écart-là est épuisant à tenir.

Donc les gestes, oui. Le masque en permanence, non. La différence est là.

C'est aussi pour ça que je te donne des scripts dans mes protocoles. Pas pour te faire jouer un rôle. Pour que le jour où il réapparaît et où ton cœur explose, tu aies déjà une phrase prête au lieu d'envoyer le message que tu vas regretter. Un script n'est pas un masque. C'est un garde-fou pour les moments où tu n'es pas en état de choisir.

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Ce que cette expérience ne dit pas

Je préfère être honnête, parce que c'est comme ça qu'on peut se faire confiance.

Cette expérience porte sur des conversations téléphoniques de dix minutes entre inconnus. Elle ne dit rien sur ton ex. Elle ne dit rien sur combien de temps il faut. Elle ne te promet pas qu'il revienne.

Et il y a autre chose que mon copain m'a fait remarquer. Il a raison de le dire. Une étude, ça teste un groupe et ça sort une moyenne. Ça ne veut jamais dire « ça marche sur tout le monde ». Derrière chaque moyenne il y a des gens chez qui l'effet a été énorme. Et d'autres chez qui il n'y a rien eu.

Donc non, on ne peut pas te dire « ça marchera pour toi ». Personne ne peut. Ceux qui te le disent te vendent quelque chose.

Ce qu'on peut dire, c'est que le lien entre ton état intérieur et ce qui t'arrive n'est pas une jolie idée. Il a été observé, filmé, entendu par des gens qui ne cherchaient pas à le trouver.

Et là où la science s'arrête

Il y a une partie de tout ça que personne n'a réussi à mesurer.

Pourquoi tu penses à quelqu'un et qu'il écrit dans l'heure. Pourquoi certaines rencontres arrivent exactement quand tu étais prête. Pourquoi il y a des mots qui te font quelque chose bien avant que tu les comprennes.

Moi, je crois que les mots portent quelque chose. Qu'ils ne sont pas juste du son. C'est ma conviction, je te la donne comme telle. Je ne vais pas la déguiser en résultat de laboratoire pour te la vendre.

Qu'on n'ait pas les instruments pour regarder une chose ne prouve pas qu'elle n'existe pas. Ça prouve qu'on ne sait pas encore la regarder. Ce sont deux phrases très différentes. On les confond tout le temps.

Ce que je sais, c'est qu'entre les deux, il y a un terrain énorme et solide, qui suffit largement suffit largement à expliquer pourquoi ta vie change quand tu changes.

Alors on fait quoi

On ne travaille pas ce que tu montres. On travaille ce que tu crois de toi quand personne ne regarde.

Ça porte un nom : ton auto-concept. Et ça ne se change pas en décidant, sinon tu l'aurais déjà fait. Tu ne peux pas te convaincre par le raisonnement d'une chose que tu ne ressens pas. Tout le monde a déjà essayé, devant un miroir, en se sentant ridicule.

Ça se travaille en dessous du mental, par répétition, dans la durée. C'est lent au début, puis un jour tu réagis autrement à quelque chose qui t'aurait détruite six semaines plus tôt. Et tu comprends que ça a bougé.

C'est exactement ce que font les audios que je crée.

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Pour finir

Ces femmes au téléphone n'ont rien fait de spécial. Elles n'ont appliqué aucune méthode, envoyé aucun message calculé.

On les a juste traitées comme si elles étaient précieuses. Et elles le sont devenues le temps d'un appel.

Imagine ce que ça donne quand c'est toi qui te traites comme ça, tous les jours, sans attendre que quelqu'un commence.

La source : Mark Snyder, Elizabeth Decker Tanke & Ellen Berscheid, « Social perception and interpersonal behavior: On the self-fulfilling nature of social stereotypes », Journal of Personality and Social Psychology, 1977, vol. 35, n° 9, p. 656-666. Voir la publication →

Je cite mes sources parce que tu as le droit d'aller vérifier ce que je te raconte.

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