« Je me sens éteinte. » Tu as trouvé le mot juste.
Pas triste, éteinte. La tristesse, tu saurais quoi en faire, elle a des larmes et une forme. Là c'est autre chose : les couleurs sont moins fortes, la musique ne te fait plus rien, tu ris au bon moment sans que ça monte jusqu'à toi.
Tu fais tout normalement… c'est bien ça le problème, parce que du coup personne ne voit rien.
Tout ce que j'ai créé pour les ruptures, le ghosting et le silence radio est réuni sur ma page amour et relation, si tu veux voir par où commencer.
Dans cet article · 10 parties
- La différence entre être triste et être éteinte
- Ce que tu as réellement perdu dans cette rupture
- Le sentiment d'avoir été jetée
- Quand il faut aller voir quelqu'un
- Rallumer n'est pas revenir en arrière
- Le premier geste et il n'a rien à voir avec lui
- Pourquoi le passif compte autant ici
- Ce qui ne marche pas et pourquoi on te le conseille quand même
- Le piège de la comparaison
- Une chose honnête pour finir
La différence entre être triste et être éteinte
On confond les deux tout le temps et c'est pour ça qu'on te donne des conseils qui ne servent à rien.
La tristesse, c'est une présence. Ça pèse, ça brûle, ça déborde. C'est douloureux, mais c'est vivant et ça bouge.
L'extinction, c'est une absence. Rien ne pèse et rien ne déborde non plus. Tu es en veille, avec juste assez d'énergie pour tenir la journée.
Souvent, il y a aussi deux sensations très précises qui viennent avec. D'abord l'impression d'être spectatrice de ta propre vie pendant que tout le monde autour de toi avance. Puis une boule dans l'estomac qui ne part pas, avec l'envie toute simple de l'enlever pour pouvoir vivre normalement.
Voilà pourquoi « sors, vois du monde, change-toi les idées » tombe complètement à plat ! Ces conseils sont faits pour une tristesse qui déborde, ils supposent qu'il y a de l'énergie à rediriger. Sauf que toi, tu n'as pas trop d'énergie mal placée… tu n'en as plus du tout.
Ce que tu as réellement perdu dans cette rupture
Tu crois avoir perdu un homme. Ce n'est pas tout à fait ça et cette nuance explique tout.
Quand quelqu'un t'aime, il te renvoie une image de toi. Dans ses yeux tu étais drôle, désirable, importante… et cette image est devenue ton miroir de tous les jours, sans que tu l'aies décidé.
Alors en partant, il est parti avec le miroir.
Ce qui s'est éteint, ce n'est pas ton amour pour lui. C'est la version de toi qui existait dans son regard. Quand une grande partie de la lumière passe par un regard, elle peut se couper d'un coup quand ce regard s'en va.
C'est aussi pour ça qu'un autre homme ne rallume rien de durable : un miroir emprunté, ça se reperd exactement de la même façon.
Le sentiment d'avoir été jetée
Dans les mots de celles qui m'écrivent ça, il y a souvent une phrase qui traîne : l'impression d'avoir été balayée. Effacée en un coup de fil, en un message, en un silence.
Ça touche plus profond qu'une rupture. Ce n'est pas seulement « il ne veut plus de moi », c'est « je peux disparaître de la vie de quelqu'un sans que ça compte ».
Je crois que c'est souvent de là que vient l'extinction. Tu as reçu un message très dur sur ta propre valeur et tout a baissé d'un coup, comme si ne plus rien sentir du tout valait mieux que sentir ça.
Ce n'est pas une faiblesse. C'est comme si, pour éteindre une seule pièce, on avait coupé le courant dans toute la maison.
Quand il faut aller voir quelqu'un
Je ne vais pas faire semblant que des audios règlent tout. Si l'extinction dure depuis des mois, si tu as arrêté de manger ou de dormir ou si l'idée de disparaître t'a traversée, va voir un professionnel. Ce n'est pas un échec, c'est juste le bon outil pour ce niveau-là.
Si cette dernière idée est là en ce moment, il y a le 3114. C'est le numéro national de prévention du suicide, gratuit, ouvert 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Quelqu'un décroche et t'écoute. Tu peux appeler même si tu penses que ce n'est pas assez grave pour déranger, vraiment.
Pour tout le reste, voilà ce que je te propose.
Rallumer n'est pas revenir en arrière
Tu attends de redevenir celle que tu étais avant lui. Je ne crois pas que ce soit le bon chemin… et c'est plutôt une bonne nouvelle.
Revenir en arrière, ce serait remettre ta lumière entre les mains d'un regard, quel qu'il soit. Ce que je te souhaite, c'est une lumière qui t'appartienne, pour qu'un départ n'emporte plus tout avec lui.
La sortie n'est pas derrière toi, elle est devant : vers une version de toi qui a sa propre source.
Le premier geste et il n'a rien à voir avec lui
Quand on est éteinte, on ne peut pas commencer par les émotions. Elles ne répondent pas, c'est justement ça le symptôme.
Alors on commence par le corps, parce que le corps répond même quand plus rien ne répond.
Une chose sensorielle par jour. Une douche plus chaude, un parfum que tu ne mettais plus, dix minutes de marche dehors. Le but n'est pas de te faire plaisir, tu n'y arriveras pas encore. Le but, c'est de renvoyer un signal de présence.
Une chose qui n'existe que pour toi. Quelque chose que personne ne verra et que tu ne raconteras à personne. C'est une petite façon de te regarder toi-même, sans passer par les yeux de quelqu'un.
Une chose le soir, en passif. Un audio pendant que tu t'endors. Il ne te demande aucune énergie et c'est exactement pour ça qu'il convient à cet état.
Pourquoi le passif compte autant ici
Dans cet état, tout ce qui demande de la volonté a beaucoup de mal à tenir : se motiver, se raisonner, se répéter qu'on vaut mieux que ça. Ton mental n'a plus la force de porter tout ça et chaque échec ajoute une couche.
Un audio, lui, ne te demande rien. Tu appuies sur lecture, tu t'allonges et c'est tout. Il n'y a rien à réussir donc rien à rater… et dans cet état, c'est ça qui compte. Par contre je ne vais pas te raconter qu'il travaille tout seul pendant ton sommeil. Ce qui est réellement mesuré sur l'écoute de musique, c'est qu'elle fait baisser le stress ressenti. Quand plus rien ne te fait rien, ce n'est pas rien du tout.
Ce n'est pas magique. C'est simplement un des rares outils qui ne te demandent rien quand tu n'as plus rien à donner.
Ce qui ne marche pas et pourquoi on te le conseille quand même
Tu as sûrement déjà eu droit aux conseils habituels. Ils sont donnés avec de bonnes intentions, mais ils tombent à côté parce qu'ils s'adressent à quelqu'un qui a encore de l'énergie à rediriger.
« Sors, vois du monde. » Voir du monde quand on est éteinte, c'est jouer un rôle pendant trois heures puis rentrer plus vide qu'en partant. Si tu sors, vois une seule personne plutôt qu'un groupe… quelqu'un devant qui tu n'as rien à prouver.
« Fais du sport, ça libère des endorphines. » Bouger fait du bien, c'est vrai, mais pas sous cette forme. Une salle de sport demande une décision, un trajet et une tenue, alors que dix minutes dehors n'en demandent aucune.
« Pense à toi, fais-toi plaisir. » Le plaisir, c'est justement la fonction qui est en veille ! Te commander du plaisir, c'est comme te demander de courir avec une jambe cassée… puis te trouver fautive de ne pas y arriver.
« Le temps fait son travail. » Parfois oui. Mais attendre sans rien faire pendant des mois, ce n'est pas la même chose que laisser du temps à quelque chose qui bouge. Si rien ne bouge du tout au bout de plusieurs mois, ce n'est plus une question de délai : c'est le moment d'en parler à un professionnel.
Le piège de la comparaison
Il y a un moment particulièrement dur dont personne ne te parle : celui où tu vois quelqu'un qui a vécu la même chose que toi aller beaucoup plus vite.
Évidemment, tu en tires une conclusion sur toi. Qu'elle est plus solide, que tu es plus fragile, que tu tiens trop à lui.
Ce n'est pas ça. Personne ne traverse une rupture au même rythme et la vitesse de quelqu'un d'autre ne dit rien de ta solidité ni de ce que tu vaux. D'elle, tu ne vois que ce qu'elle montre. Toi, tu vis la tienne de l'intérieur. Ce n'est pas une course et tu n'es pas en retard.
Une chose honnête pour finir
Je ne vais pas te dire que tu vas te rallumer d'un coup. Ça remonte par paliers, souvent sans que tu t'en rendes compte sur le moment.
Souvent, le premier signe n'est pas la joie. C'est un jour où une chanson te fait quelque chose ou une envie soudaine de manger un truc précis. C'est minuscule, ça ne ressemble pas du tout à une guérison… et pourtant c'est exactement ça.
Il n'a pas emporté ta lumière, il a emporté la lampe. Ce n'est pas la même perte et une lampe, ça se remplace.
Goddess Upgrade Pack. Deux audios sur la confiance et le rapport à soi, à écouter le soir au moment de te coucher. Rien à réussir donc rien à rater. C'est le format le plus tenable quand tu n'as plus d'énergie et la liste des affirmations est donnée par écrit.
Goddess Upgrade Pack →Tu ne sais pas par où commencer ? Fais le quiz et je te guide.
La source de cet article : Martina de Witte, Anouk Spruit, Susan van Hooren, Xavier Moonen & Geert-Jan Stams, « Effects of music interventions on stress-related outcomes: a systematic review and two meta-analyses », Health Psychology Review, 2020, vol. 14, n° 2, p. 294-324. Voir la publication →
Une étude produit une moyenne sur un groupe, jamais une promesse pour une personne. Je cite mes sources parce que tu as le droit d'aller vérifier ce que je te raconte.