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Pourquoi je pense encore à lui. Ce n'est pas un manque de volonté.

Tu t'es promis d'arrêter. Ce soir, tu ne regardes pas son profil. Ce soir, tu ne repasses pas la conversation dans ta tête.

Et vingt minutes plus tard tu y es.

Alors tu te dis que tu es faible. Que les autres y arrivent. Que tu devrais avoir dépassé ça depuis longtemps.

Ce n'est pas ça qui se passe. Et il y a une expérience très simple qui l'explique.

N'y pense pas

En 1987, un chercheur a demandé à des participants une chose absurde : ne pas penser à un ours blanc.

Rien d'autre. Rester cinq minutes dans une pièce, dire à voix haute tout ce qui leur passait par la tête. Et surtout ne pas penser à un ours blanc. À chaque fois que l'ours apparaissait quand même, ils devaient sonner une cloche.

Les cloches ont sonné sans arrêt.

Mais le vrai résultat est arrivé après. Dans un second temps, on leur a dit l'inverse : maintenant, pensez à l'ours blanc autant que vous voulez.

Ceux qui avaient d'abord dû s'en empêcher y ont pensé beaucoup plus que ceux qui n'avaient jamais reçu la consigne d'arrêter.

Ce que ça veut dire pour toi

Se forcer à ne pas penser à quelque chose ne l'efface pas. Ça l'installe.

La raison est presque bête. Pour vérifier que tu ne penses pas à lui, une partie de ta tête doit vérifier en permanence si tu penses à lui. Et pour vérifier, elle doit le convoquer.

Tu es donc en train de te le rappeler toutes les quelques minutes, précisément parce que tu essaies de l'oublier.

Et l'effet rebond de l'expérience explique le reste : le soir où tu craques enfin, où tu relis tout, où tu regardes chaque story, ce n'est pas un retour en arrière. C'est la facture des jours où tu t'es retenue.

Tu n'as pas rechuté par faiblesse. Tu as rechuté parce que la méthode « ne plus y penser » fabrique mécaniquement le moment où tu y penses le plus.

Pourquoi le conseil qu'on te donne empire tout

« Change-toi les idées. » « Arrête d'y penser. » « Occupe-toi. »

Tes proches disent ça avec une bonne intention. Mais ils te donnent exactement la consigne de l'ours blanc.

Pire : à chaque fois que tu échoues à l'appliquer, tu ajoutes une couche. Tu ne souffres plus seulement de lui. Tu souffres d'y penser. Et tu as honte d'y penser encore après tout ce temps.

C'est cette deuxième couche qui use le plus. Beaucoup de femmes m'écrivent pour celle-là, pas pour la première.

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Ce que l'expérience ne dit pas

Elle porte sur un ours blanc pendant cinq minutes. Pas sur un homme que tu as aimé pendant trois ans.

Elle ne te dit pas combien de temps ça va durer, ni si tu vas t'en remettre. Personne ne mesure ça. Celles qui te donnent un délai précis inventent.

Ce qu'elle apporte tient en une phrase. C'est déjà beaucoup : la stratégie que tu appliques depuis des semaines ne peut pas fonctionner. Ce n'est pas toi qui es défaillante, c'est la consigne qui est mauvaise.

Ce qui marche à la place

Puisque supprimer une pensée la renforce, il faut faire autre chose qu'essayer de la supprimer.

C'est exactement ce que font les audios

Je ne vais pas te dire qu'ils effacent quelqu'un de ta tête. Ce serait faux et tu le sentirais.

Ce qu'ils font est plus simple. Ils te donnent quelque chose à faire du moment où tu es le plus vulnérable, celui où tu te retrouves seule avec ta tête. Une heure, tous les soirs, où ton attention a autre part où aller.

Et pendant que ça tourne, ce n'est pas lui que tu répètes. C'est toi.

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Une dernière chose

Si tu retiens un seul truc de cet article, prends celui-là.

Le jour où tu arrêteras de te battre contre tes pensées, elles perdront la moitié de leur force. Pas parce que tu auras gagné. Parce qu'il n'y aura plus de combat.

La source : Daniel M. Wegner, David J. Schneider, Samuel R. Carter & Teri L. White, « Paradoxical effects of thought suppression », Journal of Personality and Social Psychology, 1987, vol. 53, n° 1, p. 5-13. Voir la publication →

Je cite mes sources parce que tu as le droit d'aller vérifier ce que je te raconte.

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