Est-ce que les affirmations positives fonctionnent ? Tu as déjà essayé. Devant le miroir. Ou dans ta tête le matin. Une phrase forte, répétée, en espérant qu'elle finisse par prendre.
Et il y a de bonnes chances que tu te sois sentie ridicule.
Si ça t'est arrivé, tu n'as pas mal fait. Des chercheurs ont testé exactement ça et d'autres ont refait le test onze ans plus tard. Les deux ne trouvent pas la même chose, mais ensemble ils t'indiquent quand même quoi faire à la place.
L'étude qui a testé les affirmations positives
En 2009, des chercheurs canadiens ont demandé à des participants de répéter une phrase simple pendant quatre minutes : « je suis quelqu'un qu'on peut aimer ». Une cloche sonnait toutes les quinze secondes pour leur rappeler d'y revenir.
Avant ça, ils avaient mesuré à quel point chacun s'appréciait lui-même.
Les résultats se sont séparés en deux.
Les personnes qui allaient déjà plutôt bien se sont senties un peu mieux.
Les personnes qui avaient une mauvaise image d'elles-mêmes se sont senties plus mal que celles qui n'avaient rien répété. Les auteurs en concluaient que la répétition peut aider certaines personnes et se retourner contre celles qui en ont le plus besoin.
Onze ans plus tard, l'expérience refaite
En 2020, deux chercheurs ont refait l'expérience à deux reprises avec un peu plus de deux cents personnes à chaque fois. Ils n'ont pas retrouvé le résultat. La phrase n'a rien changé, ni en bien ni en mal. Et le niveau d'estime de soi de départ ne faisait aucune différence.
Alors je ne vais pas t'écrire qu'il est prouvé que les grandes affirmations font du mal, parce que ce n'est pas le cas. Ce que ces deux études disent ensemble, c'est qu'aucune des deux n'a trouvé que se répéter une belle phrase sur soi aide quelqu'un qui s'estime peu. Si tu t'es sentie ridicule devant ton miroir, tu n'as rien raté.
Pourquoi je crois que ça peut se retourner
Là on quitte les études, c'est ma conviction et je te la donne comme telle. Je crois qu'une phrase trop loin de ce que tu vis ne reste jamais seule.
Tu dis « je suis quelqu'un qu'on peut aimer ». Une deuxième voix répond aussitôt : alors pourquoi il est parti. Tu dis « je suis un aimant à argent ». Elle répond : regarde ton compte.
Tu croyais répéter une phrase. En réalité tu viens de lancer un débat. Et c'est la contradiction que tu entends le plus fort.
Je crois que plus l'écart entre la phrase et ta réalité est grand, plus l'objection est forte. Et ça n'a rien à voir avec ta volonté.
Le détail que presque personne ne cite
Dans le même article de 2009, il y avait une deuxième expérience et c'est elle qui m'intéresse le plus.
À une partie des participants, on n'a pas demandé de croire la phrase. On leur a demandé de regarder en quoi elle était vraie et en quoi elle ne l'était pas. De tenir les deux en même temps.
Chez les personnes qui s'estimaient peu, ce groupe-là s'est senti mieux que celui qu'on obligeait à ne voir que le positif. Les chercheurs de 2020 n'ont pas refait cette partie-là, alors je te la donne pour ce qu'elle est : une piste, pas une preuve.
Ce que j'en retiens et ce que je crois : ce qui pèse, ce n'est pas l'affirmation. C'est le fait de se battre contre l'objection.
Tu n'as pas à choisir entre « je suis magnétique » et « je ne le suis pas ». Tu peux tenir les deux. Je crois que c'est cette version-là qui ne fait pas mal. C'est celle qui laisse la phrase travailler.
Comment s'en servir quand la phrase te paraît trop grande
Tu n'as pas besoin de changer d'affirmation. Tu as besoin de changer ce que tu en fais.
- Ne discute pas avec l'objection. Quand la voix dit « c'est faux », tu ne la combats pas. Tu la laisses passer. Elle a moins de pouvoir quand personne ne lui répond.
- Cherche le grain de vrai. « Je suis la référence » te paraît énorme ? Il y a un domaine de ta vie, même petit, où c'est déjà vrai. Pose-toi dessus. C'est là que la phrase s'accroche.
- Si la phrase te crispe, allège-la. « Je peux redevenir » plutôt que « je suis ». Ta tension est une information, pas un échec. Tu remonteras vers la version forte plus tard.
- Arrête de te forcer à y croire. C'est l'effort de conviction qui fatigue. Pas la phrase.
Ce que cette étude ne teste pas
Je te le dis parce que tu as le droit de savoir jusqu'où va la preuve.
Elle teste quatre minutes de répétition volontaire, en pleine attention, avec une cloche qui te rappelle de te concentrer. C'est une situation d'effort.
Elle ne teste pas ce que tu fais quand tu écoutes un audio le soir en te détendant, sans chercher à te convaincre, sur plusieurs semaines. Ce n'est pas le même format.
Attention, je ne suis pas en train de te dire que ça prouve que mon format est meilleur. Ça ne le prouve pas. Ça veut simplement dire que cette étude ne parle pas de ça. Je préfère te le dire plutôt que de m'en servir comme d'un argument que je n'ai pas.
Ce qui est solide, en revanche
Il existe une autre famille de travaux, beaucoup plus large, sur un exercice différent.
Là, on ne te demande pas d'affirmer une qualité. On te demande d'écrire ce qui compte le plus pour toi. Et pourquoi. Ta famille, ta liberté, ton honnêteté. Ce que tu défends.
Cet exercice-là a des effets répliqués et durables : moins de stress, plus de ressources pour encaisser un coup dur.
La différence est intéressante. Dans un cas tu te déclares quelque chose. Dans l'autre tu te rappelles ce qui te tient debout. Le second ne déclenche aucune objection, parce qu'il n'y a rien à contredire.
Comment reformuler, phrase par phrase
Le principe est toujours le même : descendre d'un cran jusqu'à ce que la phrase ne déclenche plus de contradiction dans ta tête. Voilà les traductions que je donne le plus souvent en message privé.
« Je suis aimée de lui » devient « je suis quelqu'un qu'on peut aimer ». La première porte sur une personne qui décide toute seule. La seconde porte sur toi et elle est vraie même un mardi soir difficile.
« Je suis riche » devient « j'apprends à gérer mon argent » ou « j'ai le droit de demander ce que je vaux ». La première se heurte à ton solde chaque fois que tu la dis. Les deux autres décrivent quelque chose que tu fais réellement.
« Je suis magnifique » devient « j'apprends à me regarder sans me démolir ». Si le miroir est un sujet difficile en ce moment, la première phrase te met en face de l'écart. La seconde décrit une direction.
« Il pense à moi » ne se reformule pas, elle se remplace. Elle porte sur le contenu de la tête de quelqu'un d'autre, tu n'as aucun moyen de la vérifier et ta pratique du soir devient une attente déguisée. Remplace par ce que tu veux ressentir : « je n'ai pas besoin d'une réponse pour être tranquille ce soir ».
Le test qui décide et il prend deux secondes : dis la phrase à voix haute. Si une petite voix répond quelque chose immédiatement, la phrase est trop haute. Descends jusqu'à ce que la petite voix n'ait rien à dire.
Et si aucune phrase ne passe
Ça arrive et ce n'est pas un signe que tu es un cas désespéré. C'est en général le signe d'une des deux choses suivantes.
Soit tu essaies d'affirmer quelque chose qui dépend d'une autre personne et ta tête le sait. Reviens sur toi, systématiquement.
Soit tu es dans une période où même « je vais m'en sortir » sonne faux et là ce n'est pas une question de formulation. Dans ce cas, laisse tomber les phrases pendant quelques semaines et garde uniquement ce qui ne demande rien : écouter quelque chose le soir, sortir dix minutes, un geste pour ton corps. Les phrases reviendront quand il y aura de la place pour elles.
Ce que je crois, moi
Je crois que les mots portent quelque chose. Qu'ils ne sont pas juste du son. Qu'ils travaillent même quand on ne les écoute pas de front.
C'est une conviction. Je te la donne comme telle, pas comme un résultat. Tu es libre de la prendre ou de la laisser. Ça ne change rien à ce qui est écrit au-dessus.
Alors on écrit ses affirmations comment
Tu gardes tes affirmations. Tu arrêtes juste de les vivre comme un examen que tu réussis ou que tu rates.
Elles ne sont pas là pour être crues sur commande. Elles sont là pour être entendues assez souvent pour que l'écart se referme tout seul.
C'est pour ça que je les fabrique en audio plutôt qu'en liste à réciter. Tu n'as pas à te forcer à réciter une phrase en la trouvant fausse, ce qui est justement la situation où je crois que ça peut se retourner. Tu écoutes et tu gardes le droit de trouver qu'une phrase sonne trop haut pour toi aujourd'hui.
Activation Magnétique. Les affirmations en audio, à écouter le soir, avec la liste complète fournie par écrit. C'est celui que les femmes choisissent le plus souvent pour commencer.
Découvrir l'audio →Tu ne sais pas par où commencer ? Fais le quiz et je te guide.
Pour finir
Si tu t'es déjà sentie nulle devant ton miroir en récitant une phrase à laquelle tu ne croyais pas, tu sais maintenant que ce n'était pas toi le problème.
C'était la consigne. On t'a demandé de te convaincre. Personne ne se convainc.
Les sources :
Joanne V. Wood, W. Q. Elaine Perunovic & John W. Lee, « Positive self-statements: Power for some, peril for others », Psychological Science, 2009, vol. 20, n° 7, p. 860-866. Voir la publication →
Maureen K. Flynn & Michael J. Bordieri, « On the failure to replicate past findings regarding positive affirmations and self-esteem », Journal of Contextual Behavioral Science, 2020, vol. 16, p. 49-61. Voir la publication →
Geoffrey L. Cohen & David K. Sherman, « The psychology of change: Self-affirmation and social psychological intervention », Annual Review of Psychology, 2014, vol. 65, p. 333-371. Voir la publication →
Celle de 2020 refait l'expérience de celle de 2009, c'est pour ça que je te les donne ensemble. Une étude produit une moyenne sur un groupe, jamais une promesse pour une personne. Je cite mes sources parce que tu as le droit d'aller vérifier ce que je te raconte.