Tu te demandes pourquoi l'argent te fuit… Tu travailles, tu ne dépenses pas n'importe comment, tu as fait les tableurs, regardé les vidéos, tu as même essayé les affirmations. Ton compte fait toujours la même tête qu'il y a deux ans.
Autour de toi, des gens qui n'ont pas l'air plus sérieux que toi s'en sortent mieux et petit à petit, tu commences à te demander si le problème, ce ne serait pas toi.
Alors je te préviens tout de suite, pour qu'on soit tranquilles : cet article ne va pas te dire que l'argent viendra si tu y crois assez fort. Je ne le pense pas et je n'ai pas le droit de te le vendre. Il va plutôt te parler de ce que tu oses, parce que c'est là qu'il y a vraiment quelque chose à faire.
Mes audios sur l'argent sont réunis sur la page abondance financière, avec ce que chacun travaille.
Dans cet article · 12 parties
- Ce que j'appelle une croyance et ce que je n'affirmerai pas
- Croyance 1 : l'argent se mérite par l'épuisement
- Croyance 2 : les gens qui en ont sont malhonnêtes
- Croyance 3 : reste raisonnable
- Croyance 4 : si j'en ai, on va m'en demander
- Croyance 5 : ça ne va pas durer
- Savoir quelle croyance sur l'argent est la tienne
- Ce que tu crois normal de gagner
- Pourquoi tes affirmations sur l'argent ne marchent pas
- Arrête d'ouvrir ton appli bancaire
- Ce que je ne te promets pas
- Si ta situation est vraiment difficile
Ce que j'appelle une croyance et ce que je n'affirmerai pas
Tu vas lire partout que ton subconscient serait programmé comme un logiciel et qu'il suffirait de le reprogrammer. C'est une image et je ne vais pas te la servir comme si c'était démontré, parce que ça ne l'est pas.
Ce dont je parle est beaucoup plus banal et tu peux le vérifier toi-même en cinq minutes. Pendant vingt ans, tu as entendu des phrases sur l'argent, dites par des gens que tu aimais, à des moments où tu les croyais. Du coup ces phrases sont devenues des évidences… et une évidence, on ne la discute pas : on agit avec, sans même la voir.
Ça n'a rien de mystique. Je crois que le jour où tu la nommes, une évidence redevient une opinion qu'on peut discuter et c'est déjà énorme.
Croyance 1 : l'argent se mérite par l'épuisement
« L'argent ne tombe pas du ciel. » « Il faut en baver. » « Personne ne m'a rien donné. »
Si tu as grandi avec ça, tu as une règle très claire dans la tête : ce qui vient facilement est suspect. Alors tu te méfies de ce qui est simple, tu n'oses pas facturer ce qui te demande peu d'effort et tu te rajoutes de la difficulté pour avoir l'impression de l'avoir mérité.
Un chiffre au passage, pour la version adulte de cette croyance. L'économiste John Pencavel a montré que la production par heure chute nettement au delà d'environ cinquante heures par semaine : les heures en plus ne produisent presque plus rien. Attention, c'était mesuré sur des ouvriers d'usine et pas sur toi, alors je ne te vends pas ça comme une loi universelle. Mais ça suffit à casser l'équation « plus je m'épuise, plus j'avance ».
Croyance 2 : les gens qui en ont sont malhonnêtes
« Les riches ont forcément écrasé quelqu'un. » « L'argent corrompt. »
Celle-là est redoutable, parce qu'elle te met dans une position impossible : tu veux quelque chose que tu méprises. Du coup, je crois qu'une partie de toi freine pour ne pas devenir la personne que tu critiques à table.
Pour la reconnaître, regarde juste comment tu réagis quand quelqu'un de ton entourage réussit. Si ta première pensée, c'est de chercher le piège… tu as ta réponse.
Croyance 3 : reste raisonnable
« Ne vise pas trop haut. » « Contente-toi de ce que tu as. » « Dans notre famille, on n'a jamais gagné plus que ça. »
Celle-là, c'est sans doute la plus douce et la plus efficace, parce qu'elle a été dite avec amour. On voulait t'éviter la déception, pas t'empêcher d'avancer. Sauf que le résultat est le même : tu t'arrêtes juste avant de demander.
Elle se repère à un petit détail. Quand tu annonces un prix ou que tu demandes une augmentation, tu ajoutes souvent quelque chose derrière : une justification, une excuse, une remise que personne ne t'a demandée.
Croyance 4 : si j'en ai, on va m'en demander
Celle-là vient souvent de quelqu'un qui a trop donné, parfois depuis une place d'aînée.
Tu as vu que l'abondance amenait des sollicitations, des jalousies, des dimanches compliqués… Alors une partie de toi préfère ne pas avoir de surplus : c'est plus simple à gérer et ça t'évite d'avoir à dire non.
Tu la reconnais vite : tu es mal à l'aise quand tu parles d'argent avec tes proches et dès que ça va bien, tu minimises.
Croyance 5 : ça ne va pas durer
Un bon mois et tu ne le savoures même pas, tu attends la tuile. Une rentrée d'argent et au lieu de respirer, tu la bloques quelque part.
Elle vient souvent d'une expérience bien réelle : un licenciement, une séparation, une entreprise qui ferme. Celle-là, tu ne l'as pas héritée, tu l'as apprise… et c'est ce qui la rend beaucoup plus difficile à déloger et beaucoup plus légitime que les quatre autres.
Savoir quelle croyance sur l'argent est la tienne
Prends une feuille, écris « l'argent, c'est… » et complète dix fois, vite, sans réfléchir. Les premières réponses seront souvent des phrases que tu as déjà entendues ailleurs. Continue quand même ! Les dernières, celles qui sortent quand tu n'as plus rien à dire, ont plus de chances d'être les tiennes.
Ensuite pose-toi une seule question : de qui est cette phrase ? Souvent, tu vas entendre une voix bien précise.
Ce que tu crois normal de gagner
Voilà le cœur du sujet et tu vas voir, c'est plus simple que tous les mécanismes qu'on te vend.
Je crois que chacun a un niveau de revenu que sa tête trouve logique pour quelqu'un comme lui. Au-dessus, on n'y croit pas assez pour agir en conséquence. Ce que tu crois normal de gagner, c'est ce que tu oses demander… et ce que tu oses demander, c'est souvent assez proche de ce que tu gagnes.
C'est pour ça que viser d'un coup un montant que ta tête juge absurde donne si peu : elle décroche et toi avec. Tu n'as pas besoin de croire au grand chiffre, tu as juste besoin de croire au prochain.
Pourquoi tes affirmations sur l'argent ne marchent pas
Celle-là, il faut que je te la raconte en entier avec sa suite, surtout si tu t'es sentie encore plus mal après avoir essayé.
En 2009, trois chercheurs canadiens ont fait répéter à 68 personnes une phrase positive sur elles-mêmes. Les gens qui avaient déjà une bonne estime d'eux se sont sentis un peu mieux. Ceux qui avaient une estime basse se sont sentis plus mal que ceux qui n'avaient rien répété du tout. Les auteurs concluaient que la répétition peut se retourner contre ceux qui en ont le plus besoin.
Sauf qu'il y a une suite. En 2020, deux chercheurs ont refait l'expérience à deux reprises avec un peu plus de deux cents personnes à chaque fois et ils n'ont pas retrouvé le résultat. La phrase n'a rien changé, ni en bien ni en mal, quel que soit le niveau d'estime de soi de départ. Ce que ces deux études disent ensemble, c'est qu'aucune des deux n'a trouvé que se répéter une belle phrase sur soi aide quelqu'un qui s'estime peu.
Maintenant, applique ça à l'argent (et là c'est ma conviction, pas un résultat). Je crois que « je suis riche », répété par quelqu'un qui est à découvert le 18 du mois, ne fabrique pas de la croyance. Ça fabrique une comparaison douloureuse entre la phrase et le solde, dix fois par jour. La phrase te rappelle exactement ce que tu n'as pas.
Ce qui passe, c'est ce que tu peux croire aujourd'hui : « J'apprends à gérer mon argent. » « Je suis capable de m'en sortir. » « J'ai le droit de demander ce que je vaux. » Ça a l'air moins spectaculaire, je sais… mais je crois que c'est justement pour ça que ça tient.
Arrête d'ouvrir ton appli bancaire
Quinze fois par jour, tu regardes ton solde. Il n'a pas bougé depuis ce matin, tu le sais très bien et tu regardes quand même.
Ça ne change pas le chiffre, ça te remet juste dans la peur, quinze fois. C'est depuis cet état-là que tu vas répondre à un client, négocier ou décider de ne pas envoyer le devis.
Attention, tu as le droit d'en parler, de dire que c'est dur, de te plaindre ! Ce qui use, c'est de le revivre en boucle, tout seul dans ta tête.
Ce que je ne te promets pas
Je ne te promets aucune somme, aucune rentrée, aucun délai. Aucun audio ne fait arriver de l'argent et je ne connais personne d'honnête qui puisse te dire le contraire.
Ce que je travaille, c'est ce que tu crois possible pour toi. C'est ça qui change ce que tu oses faire : le prix que tu annonces sans t'excuser, le message que tu envoies, l'entretien que tu demandes, le service que tu arrêtes d'offrir gratuitement.
Le reste dépend de ton marché, de ton secteur, de ta santé, de ta famille… de dix choses que tu ne choisis pas. Quelqu'un qui te dit l'inverse te vend une promesse qu'il ne pourra pas tenir.
Si ta situation est vraiment difficile
S'il y a un loyer en retard, des huissiers, une vraie urgence, aucun travail sur les croyances ne passe avant. Ce n'est vraiment pas le moment que je te parle de pouvoir personnel.
Dans ce cas, tu as le droit de fermer cet article, d'appeler un point conseil budget ou une assistante sociale et de revenir quand le sol sera moins en pente. Ce n'est pas un échec et ça n'annule rien de ce que je t'ai écrit ici.
Si tu veux travailler ce que tu crois normal de gagner, les deux audios qui vont avec sont L'Argent me Cherche (14,99 €), sur le fait d'oser demander et Abondance Assumée (24,99 €), sur le droit d'en avoir et de le garder.
Les sources de cet article :
Joanne V. Wood, W. Q. Elaine Perunovic & John W. Lee, « Positive Self-Statements: Power for Some, Peril for Others », Psychological Science, 2009, vol. 20, n° 7, p. 860-866. Voir la publication →
Maureen K. Flynn & Michael J. Bordieri, « On the failure to replicate past findings regarding positive affirmations and self-esteem », Journal of Contextual Behavioral Science, 2020, vol. 16, p. 49-61. Voir la publication →
John Pencavel, « The Productivity of Working Hours », The Economic Journal, 2015, vol. 125, n° 589, p. 2052-2076. Voir la publication →
Celle de 2020 refait l'expérience de celle de 2009, c'est pour ça que je te les donne ensemble. Une étude produit une moyenne sur un groupe, jamais une promesse pour une personne. Je cite mes sources parce que tu as le droit d'aller vérifier ce que je te raconte.
Pour travailler ce que tu crois normal de gagner, L'Argent me Cherche porte sur le fait d'oser demander et de fixer ton prix. La liste complète des affirmations est fournie par écrit, pour que tu vérifies avant d'écouter qu'aucune ne sonne faux pour toi.
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